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« Légitimer encore davantage la programmation urbaine »

13/03/2014

photo François MeunierFrançois Meunier, architecte, programmiste et urbaniste, est gérant de l’agence de conseil et d’études Attitudes Urbaines, qui vient d’obtenir sa qualification OPQTECC en programmation urbaine. Il revient sur le rôle majeur que va jouer cette qualification/certification dans la reconnaissance de cette pratique émergente.

Vous avez participé à la rédaction de la qualification/certification OPQTECC pour les programmistes urbains. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous investir dans ce processus ?

Avec la rédaction de la qualification/certification OPQTECC pour la programmation urbaine, nous franchissons une étape importante pour la reconnaissance de nos pratiques. La programmation urbaine est une démarche émergente. Cela mérite une définition car il ne s’agit pas d’un terme nouveau et les attendus qui lui sont attachés sont différents au sein même de la sphère professionnelle. Nous attribuons à la programmation urbaine, avec d’autres professionnels, de nouvelles perspectives et l’ambition d’en faire un acte majeur de développement durable appliqué, l’appareil intellectuel et d’action de la maîtrise d’ouvrage urbaine.
La programmation urbaine que nous appelons de nos vœux comble un chainon manquant de l’ingénierie de l’aménagement. Elle réalise un grand écart entre territoire et site de projet, entre politiques territoriales et opération urbaine. Elle structure et instruit les objectifs de la collectivité politique de projet, et de son émanation, la maîtrise d’ouvrage urbaine, au profit de projets spatiaux en meilleure adéquation avec les usages et le fonctionnement urbain. La programmation urbaine constitue l'opportunité de définir de manière pleine et entière la vocation du projet d’aménagement urbain dans son territoire et ses déclinaisons en projet de vie (association des questions d’habitat, d’offres de services et d’équipements, de commerces, d’activités économiques, de mobilité…) et en performances à atteindre afin de conditionner le projet spatial et opérationnel.
Par la nature de ses sujets, par les enjeux et questionnements qu’elle porte (ce projet, pour qui ? Pourquoi ? Quoi ? Comment et avec qui ?) la programmation urbaine s’inscrit au barycentre des préoccupations et ambitions de la collectivité. Elle œuvre par conséquent à la conduite du processus collectif de projet qui implique les protagonistes de cette collectivité : les élus, les services, les utilisateurs, les usagers, la société civile, les habitants…). Au regard de ce positionnement la programmation urbaine doit être clairement identifiée, être reconnue comme un maillon à part entière par tous les protagonistes du projet d’aménagement urbain. Pour cela la programmation doit gagner en autonomie, notamment contractuellement, pour ne pas être subordonnée à d’autres ingénieries aux finalités différentes, même si toutes concourent aux objectifs de réussite du projet. Ainsi, nous préconisons l’indépendance de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage en programmation par rapport à l’ingénierie de la maîtrise d’œuvre urbaine, en insistant toutefois sur le fait que ces deux ingénieries doivent le plus tôt possible collaborer ensemble. L’autonomie n’est pas la séparation, bien au contraire, c’est la condition nécessaire d’un vrai dialogue, d’un vrai débat !

Que va changer la qualification OPQTECC obtenue par Attitudes Urbaines ?

C’est un gage de confiance auquel les collectivités pourront se fier. Nous avons l’intention d’afficher clairement notre qualification dans notre signature et plus globalement dans nos communications. Mais plus encore, la qualification est vivante et a vocation à valoriser dans le temps l’adaptation de nos pratiques en fonction des évolutions des contextes. En effet, le processus d’élaboration de l’urbain se complexifie : avec des collectivités qui évoluent sans cesse avec notamment de moins en moins de ressources financières, des opérateurs privés de plus en plus présents, une demande sociale de participation aux processus de projet.

La qualification en donnant de la lisibilité à une pratique, en reconnaissant des compétences, motive aussi l’existence de formations initiales et continues dédiées. Aujourd’hui le parcours de Master 2 « La programmation architecturale et urbaine » de l’Institut d’Urbanisme de Paris (IUP) constitue l’unique formation initiale existant en France en matière de programmation en architecture et en urbanisme. Notre département de formation, d’information et d’échanges professionnels, Aptitudes Urbaines, en convention avec l’Ecole Nationale d’Architecture de Paris La Villette, constitue une des rares offres de niveau formation continue. Cette formation répond aux besoins quotidiens des maîtres d’ouvrage et s’adresse aux responsables de services techniques, chefs de projet en collectivités urbaines, techniciens des collectivités publiques, élus, CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement), agences d’urbanisme, aménageurs ou encore représentants d’association investis dans la transformation de l’espace urbain.

Quels conseils donnez-vous aux programmistes urbains qui souhaitent à leur tour être qualifiés/certifiés OPQTECC ?

Pour les programmistes urbains, cette qualification/certification est une bonne occasion pour s’autoévaluer. Avant tout, il s’agit d’une démarche réflexive qui contribue à la bonne adaptation des pratiques. Les trois missions que nous avons sélectionnées pour constituer notre dossier de demande initiale sont d’ailleurs révélatrices de la diversité de nos situations professionnelles (décloisonnement des procédures environnementales et démarche participative avec les habitants pour le projet d’éco-quartier de La Verrière à Saint-Quentin-en-Yvelines, conduite d’un dialogue compétitif pour l’agglomération Orléanaise, ingénierie territoriale et programmation pour Grenoble-Alpes Métropole). Au-delà de la reconnaissance future des maîtres d’ouvrage, qui réclame d’abord que d’autres confrères se qualifient eux-aussi, les programmistes urbains doivent considérer la qualification/certification comme un investissement pour faire évoluer le métier et légitimer encore davantage cette pratique.




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